Sophie-Petronin-

Sophie Pétronin, le dernier otage français dans le monde, a été libérée au Mali la semaine dernière, après quatre années de détention aux mains de jihadistes. Lors de sa toute première interview post-libération, le 8 octobre depuis l’aéroport de Bamako au Mali, l’ex-otage de 75 ans avait tenu au micro de RFI des propos qui interpellent, remettant notamment en question le terme “jihadistes” employé par le journaliste pour évoquer ses ravisseurs.

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Sophie Petronin

“Pourquoi vous les appelez jihadistes? Parce qu’ils font le jihad? Vous savez ce que ça veut dire jihad en français? Jihad, c’est la guerre, et c’est une guerre entre des groupes d’opposition armés au régime, ils trouveront le chemin pour la paix ”, avait ainsi déclaré Sophie Pétronin, qui avait aussi évoqué sa captivité comme “une retraite spirituelle” où “l’air était sain” et “bon” et pendant laquelle elle avait bu de “l’eau fraîche”. Le lendemain de cette interview, Sophie Pétronin avait aussi annoncé qu’elle s’appelait désormais “Mariam” et s’était convertie à l’Islam.

Des déclarations qui ont suscité une indignation au sein de l’armée qui digérait déjà mal la libération de deux cents prisonniers, dont de hauts cadres djihadistes responsables d’attentats à Ouagadougou et à Grand Bassam en échange de quatre otages – le leader de l’opposition malienne Soumaïla Cissé, deux Italiens et la Française Sophie Pétronin.

Auditionné mercredi au Sénat de même qu’à l’Assemblée nationale sur le budget 2021, le chef d’état-major des armées françaises, Le Général François Lecointre, a souhaité revenir sur des « propos qui ont été tenus au moment de la libération de Madame Petronin » et qui, « [lui] semble-t-il, risquent de fausser l’appréciation qu’on doit avoir de la situation au Mali et l’engagement des armées françaises

 « On ne peut pas comparer l’ennemi auquel nous sommes aujourd’hui confrontés au Sahel à un groupe armé d’opposition, comparer les modes opératoires de ce groupe armé avec ceux des militaires français ou d’autres armées régulières. C’est un ennemi terroriste qui a fait allégeance à une internationale terroriste dont l’objectif est clairement d’instaurer des régimes et des califats djihadistes et extrémistes sur des territoires entiers.

Les propos de Mme Pétronin n’ont fait qu’accentuer le malaise né de cette négociation entre la junte au pouvoir à Bamako depuis août et les djihadistes. Nombre des prisonniers, libérés le 8 octobre, avaient en effet été capturés par les soldats de l’opération « Barkhane » ou les commandos de l’opération « Sabre », au prix d’interventions très dures.

Par ailleurs, il y a de quoi s’inquiéter  de la « force de persuasion» de ses groupes. Si une humanitaire de la trempe de Sophie Pétronin aujoudrd’hui comprend, sinon même défend la position de ses ravisseurs que peut –on dire de jeunes sans éducation, sans repères, laissés à eux même ?

Rahim OUEDRAOGO 

 

 

 

 

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