Citoyens, le jour de gloire est arrivé… chantez l’hymne de la victoire ! Jamais le peuple du Burkina n’aura connu une manifestation aussi puissante de sa majesté. La démocratie est rentrée chez nous par la grande porte. Comment ne pas se réjouir et se féliciter de la’’ patriotique énergie’’ du peuple burkinabè qui nous vaut aujourd’hui cette triomphale victoire électorale. Chantez, pleurez de joie ! Le  22 novembre 2020, le peuple du Burkina a  montré à la face du monde que notre nation est Une et indivisible, mature et forte.

Une aube nouvelle se lève donc sur le Burkina : plus jamais le diktat des vaincus qui, pendant les cinq dernières années a imprimé sa volonté au régime Kaboré, à son parti le Mouvement du Peuple pour le Progrès (MPP) et au peuple burkinabè. La vraie phase de la transition de l’insurrection populaire des 30 et 31 octobre 2014 est à présent terminée. Les élections du 22 novembre, ô combien difficiles  viennent nous rappeler que la démocratie est une marche de longue haleine. Mais la démocratie est aussi et surtout un vouloir. Vouloir des peuples certes, mais un vouloir qui  ne se décrète pas. La démocratie est d’abord la marque des grands hommes. De lui-même, aucun peuple ne peut créer par sa propre volonté une quelconque  assise politique, quel qu’en soit son système. Seuls les grands hommes impriment et orientent cette volonté populaire. Roch Marc Christian Kaboré fait partie de ces hommes capables de donner à l’histoire de leur peuple, l’ancrage nécessaire à une vie  pleine et entière, capables d’offrir à leurs concitoyens l’espace public nécessaire au débat et à l’expression démocratique. Avec sa victoire éclatante aux élections présidentielles et législatives, Roch Marc Christian Kaboré a désormais les leviers du pouvoir  dans les mains. Il a et l’exécutif (Kossyam) et le législatif (Baoghin où siège l’Assemblée nationale). Il peut désormais gouverner en toute quiétude. Pour paraphraser le Président français M. Poincaré qui félicitait les forces armées françaises victorieuses des Allemands au sortir de la première guerre mondiale, nous diront avec la même emphase : « Ils ont tous été ouvriers des victoires finales. Ils ont tous apporté leur pierre aux magnifiques arcs de triomphe sous lesquels passeront bientôt les vainqueurs ».

Mais oui, ne laissons pas ternir l’image de cette belle victoire, ni gâcher la fête des Burkinabè par des rabat-joie. Il y a des « grands électeurs » à Ouaga, qui ont préféré aller à la pêche le 22 novembre plutôt que d’accomplir ce droit de vote que leur confère la constitution. Alors pourquoi pousser des cris d’orfraies quand  des Burkinabè pour des raisons sécuritaires se sont terrés chez eux pour échapper à la mort ? D’ailleurs, la stratégie du camp d’en face  est connue : faire massacrer les pauvres hères pour ensuite  s’apitoyer sur leur sort, tout en indexant l’incapacité du pouvoir à assurer la sécurité des populations.

Le Président Roch Marc Christian Kaboré a remporté des batailles tout au long du processus électoral et a fini par remporter la guerre.  Pour la première fois depuis l’indépendance du Burkina, des élections sont organisées hors des frontières du pays. Ces élections auront été  transparentes, crédibles, libres et inclusives à tout point de vue. On a vu un déserteur de l’armée en ce moment hors des frontières du Burkina, battre campagne à distance par personnes interposée pour la magistrature suprême.  Que dire de ce chef d’un parti politique qui purge une peine de  prison et dont les adhérents de sa formation briguent des mandats législatifs. Du jamais vu même dans les démocraties dites ‘’évoluées’’. Le Code électoral à la demande de l’Opposition, a été revisité avec apports de plusieurs amendements. Un audit sur le fichier électoral a été réalisé par des experts indépendants encore à la demande du CFOP. L’Opposition  n’a rien concédé au pouvoir en place. Même la démission du Président du Faso a été maintes fois réclamée. Quelle démocratie, cette Opposition à l’agenda caché, veut-elle finalement instaurer dans  notre pays?  Sacrée Opposition !

Sauf que le CFOP, en mauvais tacticiens et piètre meneur de meutes a sous-estimé  son ennemi. Roch a fini par avoir tout le monde à l’usure, à pousser ses adversaires à commettre des impairs dans leur stratégie à le démolir. L’acharnement des uns et des autres à faire passer le candidat du MPP pour  incapable à assurer la sécurité des Burkinabè a fait flop ! La stratégie s’est avérée même contreproductive. Au contraire, les moqueries, les insultes, les coups bas du camp d’en face ont fini par laisser transparaître les traits racés d’un homme que rien ne peut, ni émouvoir, ni influencer. Roch a, avec lui, l’intelligence du cœur. Les autres par leur  suffisance encéphalique n’ont fait que nous renvoyer le reflet d’un monde politique en pleine déconfiture.

 Les élections  du 22 novembre auront surtout révélé le vrai visage d’un homme, Blaise Compaoré. De son exil depuis Abidjan, il a modelé à sa façon sa marque sur le paysage politique du Burkina. Cependant, le double jeu politique qu’il a mené avec ses propres ouailles, les erreurs de casting, sa duplicité apparente dans la conduite des affaires de son parti ont fini par mettre tout le monde mal à l’aise et conduire sa troupe à la débâcle. La raclée est magistrale. Quid du CDP ? Il est certain que Eddie Komboïgo, deuxième force politique ne se laissera plus manœuvrer, même par un Blaise Compaoré qui, il faut le reconnaître ne l’a pas fait roi.  Une probable implosion du CDP est possible si  son fondateur se hasarde à tenter de régir encore le parti de la daba et de l’épi. Eddie est désormais le seul maître à bord du CDP à moins que des manœuvres politiciennes ne tentent de l’éjecter de là. Le CDP est coutumier de ces basses besognes, mais les temps ont changé.  Il faut cependant que Blaise Compaoré sache raison gardée et se ravise d’une chose, les élections du 22 novembre viennent lui rappeler que l’heure de la retraite politique a sonné. Il ne lui reste plus qu’à négocier son retour au bercail, où il viendra couler des jours paisibles entouré des siens.

Taxé de « mou » par ses contempteurs au temps du régime Compaoré et même de nos jours, le Président Kaboré  a déjoué tous les pronostics. C’est un dur à cuir. Qu’on se donne seulement la peine de méditer ses paroles sibyllines prononcées après sa démission du CDP et la formation de son parti, le MPP. « Vous n’avez rien vu encore… Ce n’est que le premier pas que Roch franchit, vous en verrez d’autres ». Tout un programme !

Le Courrier du Faso
Jules Ouédraogo

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