Donald Trump Président des Etats Unis d'Amérique
Donald Trump Président des Etats Unis d'Amérique

Dans le moutonnement de la présidentielle de novembre 2020 aux Etats-Unis, le très controversé président américain, Donald Trump, a déjà accumulé trois grandes erreurs de parcours. Non pas pour un de ses tweets dont lui seul détient le secret mais pour des affaires bien plus graves dans la gestion de l’Etat en tant que Président des Etats-Unis. En tout cas, les Démocrates seraient mal inspiré de ne pas en profiter pour créer l’alternance au pouvoir.

1 – L’affaire Ukrainienne

La première affaire est partie d’un lanceur d’alerte, fonctionnaire de la CIA qui a révélé que le président des Etats-Unis, Donald Trump, a délibérément bloqué un financement américain au profit de l’Ukraine. Environ 391 millions de dollars US d’aide militaire destinée à l’Ukraine. En échange, celui-ci aurait demandé à son homologue ukrainien, Volodymyr Zelensky, de mener une enquête sur une allégation de corruption dans laquelle Hunter Biden, le fils de l’ancien Joe Biden, l’ancien Vice-président de Barack Obama, serait impliqué.

Joe Biden fait partie des candidats à l’investiture chez les Démocrates pour la présidentielle de  2020 à laquelle Donald Trump se présente aussi pour le compte des Républicains. Or, dans la Constitution américaine, le fait de recourir à une quelconque aide étrangère est illégal et passible d’Impeachment, c’est-à-dire de destitution. Il n’en fallait pas plus pour les ténors du Parti démocrate décident de saisir l’occasion pour chasser du pouvoir celui qui fait la honte des Etats-Unis depuis son élection ou en tout cas de le mettre en très grande difficulté.

Avec certains de ses partisans républicains, Donald Trump a avancé que Joe Biden, en tant que Vice-président de Barack Obama, avait fait  pression sur l’Ukraine afin qu’elle bloque une enquête criminelle dans laquelle son fils aurait pu être mêlé, dans le cadre des activités au profit d’une société énergétique ukrainienne. Accusations de Donald Trump qui ont été depuis reconnues comme sans fondements. Les ténors du Parti démocrate ont décidé d’invoquer la Constitution américaine pour essayer d’en finir avec ce président des Etats-Unis auquel beaucoup d’Américains ne s’identifient pas.

Sous couvert d’anonymat, le dénonciateur de l’affaire a déposé une plainte contre le président des Etats-Unis. Arguant que dans la perspective de la présidentielle de 2020, Donald Trump a utilisé « son pouvoir pour solliciter l’ingérence d’un pays étranger » contrairement à la loi. Alors que le président américain contestait les dires du premier lanceur d’alerte, un deuxième est entré dans le jeu. Le journal The New York Times a confirmé la nouvelle en indiquant que le deuxième lanceur d’alerte en question a fait l’objet d’une enquête par l’inspecteur général des services, Michael Atkinson, aux fins d’accréditer la déposition du premier.

Pour cette procédure de destitution, il y avait entre 20 et 30% seulement de chances d’aboutir.  Ce qui est loin de la majorité. Donald Trump n’a pas, comme à son habitude, pu se retenir d’ironiser sur le fait que seulement 25% souhaitent sa destitution. Néanmoins, du côté des Républicains, tout le monde était conscient de l’impact négatif que cette affaire baptisée Ukraine-Gate peut avoir sur l’image de leur parti dans un contexte de précampagne électorale.

Les avocats du président américain, Donald Trump, sont montés au créneau pour défendre leur client de président. Ils ont adressé une lettre à  Nancy Pelosi, la présidente de la Chambre des représentants, pour décrier la procédure des Démocrates. En soulignant un vice de forme, la lettre de huit pages que Pat Cipollone, l’un des avocats, lui a fait parvenir, ses avocats écrivent que Donald Trump et son administration ne participera pas à l’enquête partisane et inconstitutionnelle des Démocrates. En attaquant le camp adverse, ils affirmant aux Démocrates : « Pour faire simple, vous tentez d’annuler les résultats de l’élection de 2016 et de priver les Américains du président qu’ils ont librement choisi ».

Les Démocrates n’ont manifestement pas la majorité au Sénat. Leur action, bien que fondée, avait impérativement besoin d’une majorité de voix avant d’espérer devenir effective. Cela impliquait que, au sein de son propre camp des Républicains, il y ait des Sénateurs qui décident de tourner casaque. Une situation qui s’est révélée très improbable, vu le contexte politique actuel aux Etats-Unis.

Les observateurs avertis pensent que les Démocrates ont choisi d’utiliser l’affaire dite ukrainienne pour sonner l’hallali et ressouder les rangs d’un Parti démocrate qui ne s’est toujours pas remis de sa défaite de 2016. Quand Donald Trump a battu Hillary Clinton avec l’appui de l’implication étrangère russe. Celle-là même qui avait suscité la première tentative d’Impeachment contre Donald Trump et qui s’était révélée comme un coup d’épée dans l’eau.

Quant à l’actuel locataire de la Maison Blanche, à travers l’Ukraine-Gate, il aura essayé de discréditer celui que tous les Américains prennent pour son plus sérieux adversaire du côté des Démocrates. Histoire de faire monter une autre figure que Joe Biden qu’il lui serait plus aisé de battre. Autant dire que dans un camp comme dans l’autre, personne n’est convaincu de l’aboutissement de leur stratégie respective. Tout au plus, ils se seront livrés à des campagnes de communication à l’endroit de l’opinion publique américaine. Mais il serait bien trop tôt de dire, en fin de compte, lequel des deux camps aura pu tirer ses marrons du feu. En attendant, la campagne électorale continue.

2 – La pandémie de la Covid-19

La gestion de la pandémie de la Covid-19 par Donald Trump est on ne peut plus désastreuse. Et des milliers de morts auraient pu être évités si, comme à son habitude, il n’avait pas fait preuve d’incurie et de populisme. Beaucoup d’Américains y compris au sein de ses électeurs traditionnels ne sont pas prêts de lui pardonner cela dans les urnes.

Ce que le Président américain n’a jamais cessé d’appeler le virus de Chine a fait le plus de contaminés et le plus de victimes au monde aux Etats-Unis. Par sa propre faute en effet. Au début, il s’était contenté de dire qu’il s’agit d’une petite grippe et que d’ici l’été elle s’en irait le soleil venu. Puis, quand New York a été durement frappé et que des morts s’entassaient à ne plus pouvoir les conserver que de creuser rapidement des fosses communes, il a continué à récuser les gestes barrières contre le virus. Après son premier meeting de campagne tenu le 20 juin 2020 à Tusla en Oklahoma, le nombre de cas enregistrés s’est envolé, et cela malgré les prises de température effectuées avant l’entrée des participants. Il aura fallu la visite de l’hôpital militaire Walter Reed dans la banlieue de Washington pour que l’on voie pour la première fois le président Donald Trump avec un masque. Mais pas pour longtemps du reste. Alors que la pandémie atteint des contaminations record aux Etats-Unis, il incite au déconfinement et à la reprise du travail en faisant s’opposer ses compatriotes américains comme lui seul détient le secret.

Entre le très pondéré mais ferme Dr Anthony Fauci en charge de la gestion scientifique de la pandémie et le truculent et agité Donald Trump, les Américains ont plus été victimes des agissements de leur Président que de la méconnaissance des dispositions à prendre pour endiguer la propagation de la maladie. Et pour cela, seul Donald Trump devrait en porter l’entière responsabilité du désastre sanitaire que les Etats-Unis ont vécu. Un désastre qu’il paiera certainement très cher dans les urnes, sauf exceptionnelle amnésie des Américains.

3 – L’affaire George Floyd

L’affaire George Floyd, du nom de ce Noir-Américain George Perry Floyd Jr., mort assassiné le 25 mai 2020 à Minneapolis dans l’État du Minnesota sous le genou d’un policier blanc nommé Derek Chauvin, a provoqué une onde de choc qui s’est répercutée partout à travers le monde. Tout simplement parce que grâce aux réseaux sociaux, l’on a pu vivre en direct ou en différé un meurtre commis de sang-froid sur une personne non armée et qui suppliait qu’elle ne pouvait plus respirer en appelant sa mère au secours.

Malgré la violence des images et le mépris évident pour la personne humaine sous son genou et sans défense, la président Donald Trump a agi face à ce qui apparaît comme des violences policières à caractère plutôt racistes comme si de rien n’était. Tout comme s’il disait : circulez, il n’y a rien à voir. Tout au plus, s’est-il contenté de mentionner qu’il y a de nombreux policiers aux Etats-Unis qui font du bon travail – ce qui est bien vrai – et que ce malheureux événement n’était pas représentatif de ce qui peut être considéré comme une violence systémique à l’encontre des Noirs. Mais c’était sans compter avec « Black Lives Matter » et de nombreux Américains au-delà de la question de la couleur de peau.

L’on savait Donald Trump proche des mouvements suprémacistes blancs, mais avec sa volonté affichée d’opposer les Noirs aux Blancs et différentes communautés aux Etats-Unis, il a franchi la ligne rouge qu’un président américain ne saurait se permettre surtout en ce 21e siècle. Et même au sein de son propre parti Les Républicains, de nombreuses personnalités et citoyens ont décidé résolument de voter contre lui pour la présidentielle de novembre prochain.

Par Bill Smith

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