Jamais Président de la République n’aura autant dévalué la fonction présidentielle comme l’a fait le 45ème président des Etats Unis, le pays le plus puissant du monde. Rares sont certainement ceux qui auront boudé le 20 janvier dernier, l’investiture de Joe Biden sur les chaînes des télévisions, pas parce qu’ils adorent personnellement les cérémonies grandioses, mais parce qu’ils voulaient s’assurer que l’ancien locataire a effectivement débarrassé le plancher.

Qu’il a été extrêmement et particulièrement exécrable ce monsieur durant les quatre années qu’a duré sa fonction présidentielle. Irrévérencieux et détestable, voilà ce qu’il a été Donald Trump. Heureusement que là-bas au pays de l’Oncle Sam, être Président ça ne dure qu’un laps de temps. On comprend maintenant pourquoi les pères fondateurs ont inscrit sur la tablette de la Constitution que le mandat d’un Président ne doit durer que quatre ans renouvelable une seule fois.  Imaginons seulement  cette merde en fonction pour encore un an.

 « Cette catastrophe planétaire » qu’est Donald Trump, nous a cependant fait comprendre qu’il arrive que la démocratie trébuche parfois, d’où qu’elle vienne. Aucun Africain, ne pouvait imaginer, il y a quatre ans, qu’aux Etats Unis, on pouvait avoir un Président à la Idi Amin Dada ou à la Jean Bedel Bokassa, des pantins qui ont exercé un pouvoir absolu sur leur peuple. En un mot, personne, pas même les Américains n’osaient un seul instant penser qu’un jour, leur pays allait devenir une république bananière. On se rappelle encore les manchettes des journaux occidentaux de l’époque, se glosant face à la pitrerie de ces rois nègres, ‘’sanguinaires et cannibales’’. Combien d’Américains Donald Trump a-t-il envoyé ad patres  à cause de son irresponsabilité devant la pandémie du coronavirus. Y a-t-il, plus cannibale que Trump, qui refuse à ses concitoyens les plus pauvres, l’assurance sociale, alors que son pays est le plus riche du monde ? En supprimant l’« Obamacare » Donald Trump a empêché des millions d’Américains d’accéder à une couverture santé. Que dire du retrait officiel des Etats Unis de l’OMS dont ils sont le plus gros contributeur financiers. Que dire encore du froid provoqué par la sortie des Etats Unis de l’Accord de Paris sur le climat ? On n’ose même pas imaginer ce que cela a coûté à notre planète et tout ça, par la faute de cette merde.

Et pourtant, l’extravagance de cet homme a laissé le monde indifférent, on a laissé ce monsieur faire à sa guise comme si la planète terre lui appartenait. Ce quasi indifférence du monde occidentale nous rappelle la conférence de Berlin le 15 novembre 1885 où les 14 pays participants, puissances coloniales du moment, dépiécèrent le monde à leur guise, chacun emportant selon sa capacité de frappe, le morceau le plus viandeux. Où étaient les autres grands de ce monde quand le Président américain se foutait du monde? Bien évidemment, ils ne pouvaient rien dire, ils ont toujours la bouche  pleine de ripaille, ils s’empiffraient à qui mieux-mieux comme des charognards, leurs industries d’armement ne s’étant jamais aussi bien porté.  La guerre tue beaucoup plus de civils que de militaires, mais rapporte gros et les multinationales s’en frottent les mains. Les médias occidentaux quant à eux, ils ne s’intéressent comme par hasard qu’aux faits croustillants de l’actualité, justement les guerres. Voilà pourquoi Donald Trump a eu la latitude de se foutre du monde entier. Il faisait l’affaire des riches.

On retiendra de l’ère Trump deux  choses. La première, est que la démocratie n’est pas une chose immuable, elle doit donc se construire permanemment. Mais en réalité, la faute n’incombe pas aux Constitutions garantes de la Démocratie. On pourrait même à la limite dire que toutes les Constitutions sont parfaites, le seul défaut ce sont les hommes et les femmes chargés de veiller sur ce Temple. Aucune Constitution quel que soit la qualité de ses articles et de ses amendements ne peut prévoir l’imposture des gardiens du Temple. Malgré la complexité de la Constitution des Etats Unis, les pères fondateurs ne pouvaient prévoir que des hommes de l’espèce de Trump pouvaient un jour s’emparer du pouvoir d’Etat et en faire ce qu’ils veulent car aucune clause de la loi fondamentale ne le leur interdit.

La deuxième chose que l’on peut retenir de la gestion chaotique de Trump, c’est que son passage à la Maison blanche n’a fait qu’aggraver davantage le fossé entre riches et pauvres. Ce milliardaire n’a, en réalité été que le Président des riches. On a remarqué que toutes les décisions impopulaires, abracadabrantes et futiles de Trump ont toutes été applaudies par les puissances d’argent. L’ère Trump a inauguré à grande pompe la dynastie de la ploutocratie, où les multinationales telles des vautours s’acharnent à piller, saccager et détruire l’équilibre d’un monde exsangue, un monde où elles n’ont aucun compte à rendre à personne, sauf à leurs mandants, à savoir les milliardaires de la trempe Donald Trump.

Voici donc ce que Donald Trump a fait de notre humanité. Il nous a appris qu’on peut être Président des Etats Unis, pays le plus puissant du monde, où les présidents sont des croyants pratiquants et qu’avec tout ça, celui-ci peut être  un trompeur, un menteur, un vandale, un-sans-le-cœur, un cruel, un incivique, un mégalo, un imposteur, une merde. Effrayant ! Est-ce-là la rançon de la démocratie ? Et c’est ça, le legs démocratique des Etats-Unis au reste du monde en ce début de siècle. Après tout, ce monstre qui s’appelle Donald Trump, c’est eux, les Américains qui l’ont enfanté.  Ah !  Le rêve américain !

Le Courrier du Faso
Jules Ouédraogo

Laisser un commentaire

Votre adresse e-mail ne sera pas publiée. Les champs obligatoires sont indiqués avec *