le premier ministre, Jean Castex.
 le premier ministre, Jean Castex.
Jean Castex, Premier Ministre français

Face à une situation qui ne s’améliore pas avec près de 20 000 nouveaux cas par jour, le gouvernement cherche à « réduire encore davantage les contacts sociaux ».

La France avance, samedi 16 janvier, de deux heures le couvre-feu, dorénavant fixé à 18 heures sur l’ensemble de son territoire, dans une course contre la montre pour vacciner la population et tenter d’enrayer l’épidémie de Covid-19.Car le nombre de cas reste élevé avec 21 217 contaminations confirmées en vingt-quatre heures vendredi, et environ 20 000 nouveaux comptabilisés chaque jour depuis le début de l’année, bien loin des 5 000 espérés à la mi-décembre par le gouvernement, selon Santé publique France.

Couvre-feu avancé sur tout le territoire

Déjà en vigueur dans 25 départements, le couvre-feu à 18 heures est étendu à l’ensemble du territoire métropolitain à « partir de ce samedi et pour au moins quinze jours », a annoncé jeudi le premier ministre, Jean Castex.

Les dérogations restent les mêmes qu’auparavant (déplacements professionnels, pour un rendez-vous médical, pour un motif impérieux…) mais les commerces vont devoir baisser le rideau dès 18 heures. Une mauvaise nouvelle de plus pour le secteur, à quelques jours du début des soldes. Pour les restaurants également, fermés jusqu’à nouvel ordre et qui tentent de survivre grâce aux ventes à emporter.Face à une situation sanitaire qui ne s’améliore pas, il s’agit pour le gouvernement de « réduire encore davantage les contacts sociaux ». Mais l’avancement du couvre-feu ne met pas à l’abri d’un nouveau confinement « si nous constatons une dégradation épidémique forte », a prévenu Jean Castex.Les écoles resteront ouvertes mais les activités sportives scolaires et périscolaires en intérieur sont suspendues et le protocole sanitaire dans les cantines sera renforcé. Dans un avis remis au gouvernement le 12 janvier et rendu public vendredi, le conseil scientifique Covid-19 allait jusqu’à recommander une « limitation des déplacements » entre les régions, voire un confinement dans les endroits les plus à risques.

87 cas de contamination connus par le variant anglais

Ces restrictions sont motivées par l’arrivée de nouveaux variants du coronavirus, qui ont émergé en Angleterre et en Afrique du Sud. Vraisemblablement plus contagieux, ils ont déjà forcé plusieurs pays du continent européen à se reconfiner. Reste à savoir si l’efficacité du couvre-feu avancé sera suffisante pour freiner l’épidémie.Pour l’instant, 87 cas de contamination par le variant anglais (suspecté d’être plus contagieux) et quatre cas de contamination par le variant sud-africain (soupçonné d’être plus contagieux et de réduire l’efficacité du vaccin) ont été officiellement recensés en France, selon le ministère de la santé.Si le variant anglais ne semble responsable que de « 1 à 2 % des cas de Covid-19 actuellement diagnostiqués en France », selon Santé publique France, il est « inéluctable » que ce virus mutant se substitue au coronavirus classique d’ici deux à trois mois, a prévenu le virologue Bruno Lina, qui coordonne la cartographie de ce variant.

Près de 389 000 personnes ont reçu la première injection

La course contre la montre se poursuit donc pour vacciner la population. Près de 389 000 personnes ont reçu la première injection. Lundi, la campagne de vaccination va s’élargir aux personnes de plus de 75 ans ne vivant pas en établissement d’hébergement pour personnes âgées dépendantes (Ehpad), ainsi qu’aux personnes présentant des pathologies à haut risque (insuffisances rénales chroniques, cancer sous traitement…).Vendredi, 833 centres étaient « ouverts et accessibles à la réservation », a assuré le ministre de la santé, Olivier Véran. Pourtant, la prise de rendez-vous, possible depuis jeudi matin, s’apparente parfois à un parcours du combattant, même si « plus d’un million de rendez-vous ont été pris vendredi », selon le ministère de la santé.Le site Sante.fr, qui devait rediriger vers l’une des trois plates-formes privées de réservation, n’affichait vendredi qu’une liste des lieux de vaccination par département, et les créneaux de vaccination de nombreux centres affichaient complets vendredi soir. A Rennes, le service mis en place par la ville a ainsi reçu plus de 5 000 appels, et les 1 500 créneaux de vaccination disponibles sur les deux prochaines semaines ont été réservés.Un couvre-feu à 18 heures, plutôt qu’à 20 heures, est-il plus efficace pour endiguer l’épidémie de Covid-19 ?

Le Courrier du Faso
Rahim OUEDRAOGO 

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