Bientôt les différents partis politiques du pays des hommes intègres iront à la conquête de l’électorat pour les législatives et la présidentielle du 22 novembre 2020. En attendant l’ouverture officielle de la campagne électorale pour mieux comprendre leurs programmes de sociétés et leurs visions pour le Burkina Faso, l’on peut déjà s’interroger sur les atouts et les insuffisances des principaux partis ou regroupements politiques dans le cadre de ces élections.

L’affluence crée de l’influence, dit-on. Soutenu par un regroupement d’une quarantaine de formations politiques dont l’UNIR-PS, le PARENT, le PDC, le NTD,… le Mouvement du Peuple pour le Progrès (MPP) – parti au pouvoir – dispose d’une représentation effective sur toute l’étendue du territoire national et d’un bon réseautage au plan national et international. C’est également le parti des grands moyens financiers quand on sait que les ressources financières constituent un facteur déterminant dans la réussite des campagnes électorales et la conquête du pouvoir au Burkina Faso notamment.

De même, l’expérience dans la gestion des affaires d’Etat est à l’actif de la majorité présidentielle dont les principaux acteurs sont dans les arcanes du pouvoir depuis plus de vingt ans. Le pouvoir sortant bénéficie, en effet, d’avantages qualitatifs car il regorge de grands leaders charismatiques qui constituent des relais électoraux et des influenceurs populaires. La personnalité modérée et humaniste de Roch Marck Christian Kaboré avec le respect de certains engagements, entre autres, la gratuité des soins des enfants de 0 à 5 ans et des femmes enceintes ; la réalisation des forages et des infrastructures routières, sont autant d’actions en sa faveur.

Roch Mark Christian Kaboré, un bilan mitigé

Malgré ses nombreuses actions en faveur des populations, le bilan de Roch Mark Christian Kaboré reste néanmoins très mitigé. Un bilan qui a été marqué par l’insécurité et un front social (grèves, manifestations syndicales…) très agité dès l’entame de son mandat et qui se poursuit toujours malheureusement.

La gestion de la crise sécuritaire et de la crise socioéconomique ajouté au tâtonnement dans la gestion de la crise sanitaire liée au covid19 ainsi que les nombreux dossiers pendant devant la justice ont fortement entaché la qualité de la gouvernance du président Kaboré.

Ainsi « les électeurs pourraient être tentés de reporter leurs inquiétudes et frustrations sur le vote en cherchant à opérer un changement de gouvernants. » expliquait l’analyste politique Siaka Coulibaly dans une interview accordée à Sputnik.

L’on note également une baisse dans l’action politique opérationnelle du MPP notamment la structuration au plan national. A ce stade, l’issue de l’élection présidentielle de 2020, apparaît «très incertaine» et «le second mandat de Roch Kaboré n’est pas du tout une affaire gagnée d’avance». Toutefois, «l’enjeu réel des élections de 2020 se trouve au niveau des législatives». En effet, même en cas de victoire à la présidentielle, rien n’indique que le MPP et ses alliés pourront conserver leur majorité à l’Assemblée nationale, compte tenu notamment du retour en force sur la scène politique de certaines formations comme le Congrès pour la démocratie et le progrès (CDP) de l’ancien Président Blaise Compaoré.

Une opposition en rangs serrés

Le CDP renaît de ses cendres, se met en ordre de bataille pour les élections à venir. Dans cette perspective, il a réactivé ses anciens réseaux à l’instar des opérateurs économiques, chefs coutumiers et religieux particulièrement bien implantés sur le territoire burkinabè et autres partenaires nationaux et internationaux.

Tous contre Roch Kaboré ! Telle serait la devise d’une opposition burkinabè déterminée, en cas de second tour à l’élection présidentielle de novembre, à faire bloc pour empêcher le chef de l’État sortant de rempiler pour un deuxième mandat.

La signature d’un accord électoral censé rassembler les candidats des partis de l’opposition et les indépendants devrait intervenir en ce mois d’août. L’UPC, le CDP, l’ADF-RDA, la NAFA et bien d’autres partis en seraient signataires.

Par ailleurs, une autre alliance, cette fois entre l’opposition et d’importantes organisations de la société civile (OSC), est également «imminente». Tout ceci constitue une base solide pour l’opposition en ce qui concerne la présidentielle.

Cependant, il est à noter que certains partis de l’opposition restent quelque peu fragilisés au regard des discordes et scissions. C’est le cas du CDP qui aujourd’hui se retrouve partagé entre les partisans de Kadré Désiré Ouédraogo et Eddie Komboïgo.

En définitive, l’échiquier politique burkinabè est contrasté aux yeux de l’opinion nationale du fait de l’absence d’une identité politique nouvelle et réelle, car dit-on, ils sont tous les mêmes.

La Plume

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